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SOYONS FIDÈLES!
Les 6 années écoulées du pontificat de Benoit XVI offrent un panorama bien contrasté d’ombres et de
lumières … Côté lumière, il faut souligner que les cérémonies pontificales, malgré le nouveau rite célébré, ont retrouvé
une certaine dignité qu’elles avaient perdue sous le pontificat de Jean Paul II. Le Motu proprio
de 2007, Summorum Pontificum, a reconnu que la messe de saint Pie V n’avait jamais été abolie et l’injuste décret
d’excommunication de nos évêques a été annulé. Des discussions ont été ouvertes avec Rome pour donner à la Fraternité
Saint Pie X la possibilité d’exposer les raisons doctrinales de son opposition aux principaux textes du Concile Vatican II.
Ces décisions, impensables il y a 10 ans, ont été des motifs de réelle espérance. De plus certaines voix comme celle de
Mgr Gherardini se sont élevées pour amorcer une critique du dernier concile. Peut-on affirmer pour autant
que la crise de l’Eglise est terminée et que les motifs d’un accord entre Rome et la FSSPX sont enfin réunis ? Non,
malheureusement non ! Pour justifier cela il faut rappeler les ombres qui jalonnent le pontificat de Benoît XVI.
En effet si le Motu Proprio de 2007 a bien reconnu que la Messe de Saint Pie V n’avait jamais été abrogée,
Benoît XVI, lui attribue cependant une valeur égale ou inférieure à la nouvelle messe en l’appelant rite extraordinaire,
alors que le Novus Ordo Missæ, désigné comme rite ordinaire, souffre de graves défauts intrinsèques que
Monseigneur Lefebvre et bien d’autres théologiens n’ont cessé de dénoncer depuis qu’il a été imposé. Il
faut aussi constater qu’en Amérique du Sud comme un peu partout dans le monde, la grande majorité des évêques continue Ã
interdire la célébration de la messe traditionnelle ou dissuade ceux qui veulent la célébrer en posant des conditions
draconiennes que le document romain n’a jamais prévues. Nombreux sont les jeunes prêtres diocésains qui se plaignent auprès
de nous de cette intransigeance voulue pour les empêcher de célébrer de la messe traditionnelle. Rome semble bien
impuissante pour imposer sa volonté.
Il nous faut aussi constater que les actes d’œcuménisme et les réunions interreligieuses continuent à se multiplier dans
l’Eglise avec les encouragements de Rome. Benoît XVI ne montre t-il pas l’exemple lorsqu’il à chanté les vêpres anglicanes
avec les ministres anglicans lors de sa visite en Angleterre ? N’a-t-il pas visité trois synagogues depuis le début de son
pontificat ? Ne s’est-il pas recueilli dans la mosquée bleue d’Istanbul tandis que le grand mufti priait à voix haute.
Tous ces actes gravissimes sont en contradiction totale avec le premier commandement de Dieu. Ces faits ont leurs sources
dans les principes de Vatican II qui empoisonnent la vie de l’Eglise depuis des décennies.
Il nous faut aussi dénoncer l’annonce prochaine de la béatification de Jean Paul II, le « pape d’Assise » qui
initia les réunions interreligieuses. Celui qui, le 14 mai 1999, baisa le Coran qu’il appela « le livre saint » !
Lui qui, en mars 2000 s’exclama devant une assemblée de musulmans lors de son voyage en Terre Sainte : « Que saint
Jean Baptiste bénisse l’Islam ! » et qui le 5 mai 2001 se déchaussa pour visiter la mosquée de Damas. Comment
peut-on béatifier un tel homme alors que tant de catholiques continuent d’être martyrisés au nom de l’Islam ? Il faut
aussi se rappeler les cérémonies scandaleuses qu’il présida. Il est enfin le Pape qui excommunia la Tradition.
Comment ne pas réagir avec stupeur à l’annonce d’un «
Assise IV » ? (1)
Alors qu’il avait été notoire que le cardinal Ratzinger
s’était opposé à l’organisation « d Assise I »
en 1986. Voilà que devenu Pape, il convoque une nouvelle
réunion interreligieuse… Un tel projet est cependant conforme
à la pensée qu’il a maintes fois exprimée, à savoir que
les religions doivent jouir de la pleine liberté car elles
« sont des facteurs de paix et d’unité entre les hommes
». Ce langage s’explique encore une fois à la lumière
des déclarations de Vatican II qui professe que « l’Esprit
ne refuse pas de se servir des communautés chrétiennes séparées
comme moyens de salut », (2)
et qui affirme, à propos des religions non chrétiennes,
que « l’Eglise ne rejettent rien de ce qui est vrai
et saint dans ces religions ». (3)
On comprend alors pourquoi Benoit XVI rappelle si souvent
que l’Eglise catholique « ne demande aucun privilège » mais
simplement le libre droit d’exister aux côtés des autres
religions pour le bien des hommes et des peuples…
Tout cela continue de semer le trouble dans l’Eglise et
désoriente un grand nombre de fidèles qui ne savent plus
ce qu’ils doivent croire. La foi est plus que jamais en
péril. Cette situation est aussi entretenue par une désacralisation
de l’enseignement du Pape. Le souverain Pontife est le Vicaire
du Christ sur la terre. Elevé sur le trône de Saint Pierre,
il a pour mission de garder le dépôt de la foi, de l’expliciter
et de le défendre contre les erreurs. Il a la charge d’énoncer
ou de rappeler les principes de la foi et de la morale qui
ont besoin d’être éclairés ou défendus. Est-il vraiment
fidèle à sa mission lorsqu’il se laisse aller à des confidences
dans les ouvrages personnels qu’il publie ? Il y expose
ses idées personnelles, ses opinions. Il semble que le souverain
pontife souhaite être plus professeur que pape, désireux
d’ouvrir des débats, des discussions. Ainsi à propos du
tome II du livre de Benoit XVI sur la vie de Jésus, le Père
Lombardi, porte parole du Saint Siège, a souligné
que cet ouvrage était écrit pour « le dialogue ».
(4) Il en
fut de même lors de la parution de Lumière du monde qui
ouvrit tant de polémiques lorsque le pape a traité de l’usage
du préservatif dans un cas particulier. Quelle confusion
a suivi sa publication ! Ces prochains jours, le Vendredi
saint, pour la première fois une entrevue de Benoit XVI
avec la télévision italienne sera retransmise. Ces initiatives
dévalorisent la fonction du Souverain Pontife. Le pape n’enseigne
plus, il se confie. Il ne veut plus imposer, il propose.
Il ne désire plus confirmer le troupeau qui lui est confié
mais dialoguer avec lui et avec le Monde. La pastorale a
pris le pas sur la doctrine, le cœur sur l’intelligence,
le dialogue sur l’appel à la conversion.
Même si, au cours
de ces 6 années, des signes d’espérance se sont manifestés
ça et là , preuve que Jésus-Christ fidèle à sa promesse,
n’a pas abandonné son Eglise, la crise qui secoue l’Eglise
n’est pas pour autant terminée ! Cependant gardons-nous
de deux graves écueils vers lesquels un manque de foi pourrait
nous entraîner :
- Soit cesser le combat, par lassitude,
et penser qu’un accord pratique avec les autorités ecclésiastiques
actuelles serait la solution pour amorcer une restauration
dans l’Eglise. Cette tentation a montré ses effets
désastreux chez ceux qui y ont succombé. Quelle communauté
ayant signé de tels accords, a protesté officiellement,
par la voix de son Supérieur Général, contre la béatification
prochaine de Jean Paul II et l’organisation d’Assise IV
? Il n’y en a aucune. Certes, dans d’obscurs blogs ont a
pu lire ça et là une désapprobation. Mais c’est bien insuffisant
! Comme Monseigneur Lefebvre l’a fait en son temps, une
annonce officielle des autorités ecclésiastiques sur des
sujets si graves, exige une désapprobation officielle de
ceux qui veulent défendre la Tradition. Et là , il faut bien
reconnaitre que la FSSPX a été la seule à monter au créneau.
Quelques intellectuels catholiques ont courageusement protesté
contre la réunion prochaine d’Assise auprès de Benoit XVI
mais les communautés Ecclesia Dei sont restées muettes jusqu’Ã
ce jour. Certains de leurs membres ont même tenté de justifier
l’injustifiable. Elles gardent l’arme au pied alors que
les droits de Dieu sont bafoués. Cela est d’autant plus
grave, qu’en particulier, beaucoup de prêtres, membres de
ces communautés, sont en désaccord avec ces décisions du
Souverain Pontife mais n’osent l’exprimer en public.
- Soit désespérer de l’Eglise en déclarant
que la défaillance des autorités ecclésiastiques actuelles
est la preuve qu’elles ne sont plus légitimes et qu’elles
n’existent plus. C’est la tentation sédévacantiste. Il n’y
aurait donc plus ni pape, ni cardinaux ni évêques légitimes.
Ces groupes sédévacantistes vivent repliés sur eux-mêmes,
animés d’un zèle amer et se disputent entre eux. Que font-ils
alors des promesses du Christ qui a assuré à Saint Pierre
et à ses successeurs que « les forces de l’enfer ne
prévaudront pas contre l’Eglise et son chef » ? (5)
De telles positions que Mgr Lefebvre a toujours condamnées,
stérilisent l’apostolat et relèvent d’un esprit schismatique.
Mes chers amis, ces deux tentations sont graves. Que Dieu
nous en préserve ! Il est pratiquement impossible de donner
une explication toute rationnelle de cette crise comme il
est impossible d’expliquer la Passion du Christ. On touche
au mystère ! Comment le Verbe incarné a-t-il pu souffrir
et mourir abandonné de tous, lui Dieu tout puissant et éternel
? C’est un grand mystère comme est mystérieuse cette passion
que traverse l’Eglise depuis des décennies. L’Eglise prolonge
l’action du Christ sur la terre jusqu’à la fin du monde.
Comme son Fondateur, elle connait des trahisons, des abandons,
la persécution et la mise au tombeau, mais comme le Christ
elle se relèvera plus forte et plus belle. Cela est de foi
et nourrit notre espérance.
Que faire alors ? Soyons fidèles
! Notre position est une ligne de crête, que nous a tracé
Mgr Lefebvre et qu’il nous faut suivre sans tomber ni Ã
droite ni à gauche. Cette grâce, Dieu nous l’accordera si
nous accomplissons notre devoir d’état, si nous prions et
faisons pénitence. Si nos âmes se nourrissent de la Sainte
Messe et des sacrements le plus souvent possible. C’est
ainsi que durant ce carême, nous accompagnerons et soutiendrons,
l’Eglise comme le firent Simon de Cyrène et les Sainte femmes
le Vendredi saint qui accompagnèrent le Christ jusqu’au
Golgotha. Prions et sacrifions-nous pour le pape, les évêques
et les prêtres comme l’a demandé la Vierge Marie à Fatima.
Prions aussi pour les Supérieurs de la Fraternité Saint
Pie X afin que Dieu leur donne la force, les lumières et
la prudence dans ce combat qu’il faut mener. Les embuches
sont parfois si difficiles à discerner et si subtiles… Restons
fidèles, chacun à notre poste. Dieu nous jugera sur cela
et pas sur autre chose ! C’est là que nous obtiendrons du
Cœur de Notre Seigneur les grâces dont l’Eglise et ses chefs
ont tant besoin. Voilà où nous veut la Providence en ces
jours difficiles. Et enfin que la jeunesse se forme au combat
doctrinal que leurs anciens ont mené depuis le dernier concile.
Sans formation doctrinale, la fidélité est impossible. Il
faut connaître les principes de la foi et de la morale pour
y être fidèle et pouvoir les défendre lorsqu’ils sont attaqués.
Ce sont eux qui guident une vie. Notre combat est doctrinal
et non sentimental ! Ne nous endormons pas pour l’amour
du Ciel ! Virgo Fidelis, ora pro nobis !
Que Dieu vous bénisse !
Padre Christian Bouchacourt
Superior de
Distrito América del Sur
Notas:
1. Il y a eu en effet une réunion interreligieuse à Assise en 1986- 1993 et 2002.
2. Vatican II, décret sur l’œcuménisme, « Unitatis redintegratio » § n° 3 du 21 novembre 1964.
3. Vatican II, déclaration « Nostra aetate » § n° 3 sur les relations de l’Eglise avec les religions non Chrétiennes du 28 octobre 1965.
4. RP Lombardi le 14 mars 2011.
5. Saint Mathieu XVI, 18.
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